nord du Laos
  

nord du Laos

Luang Prabang, Laos le 13/01/2011

 

Nous voici partis à l'assaut du Laos, pays montagneux et rustique dont nous avons entendu monts et merveilles depuis le début du voyage.

Une fois les passeports tamponnés dans un bazar frontalier inhabituel et nos devises échangées, nous embarquons pour une « croisière » de deux jours sur le Mékong afin d'atteindre Luang Prabang.

Débarqués dans l'ancienne cité royale à l'atmosphère reposante, l'ancienne présence française se fait énormément ressentir. La plupart des enseignes sont écrites en laos et français, mais surtout on peut y manger du pain et boire du vin! Bon pas de fromage, mais nous nous sommes laissés aller à un petit déjeuner à la française (pain beurre confiture), ainsi qu'à une légère dégustation de bordeau. Après deux mois de voyage, nous le méritions bien! Nous profitons aussi des nombreuses terrasses pour déguster l'excellent café lao et nous laisser porter par le temps... Coup de cœur de Nico, Luang Prabang mérite bien son inscription au patrimoine mondial de l'Unesco.

Nous avions prévu de louer des scooters pour visiter une partie du pays, impossible ici vu les tarifs, il nous faut donc prendre un bus pour Vientiane dans l'espoir de trouver notre bonheur dans les rues de la capitale. Petite anecdote, après 4 heures de trajet, le chauffeur stop le bus, nous descendons, et nico dit « sympa cette petite pause, j'en avais bien besoin ». En fait, une énorme trainée liquide coulait à l'arrière du bus, et il n'a pas fallut plus d'une demi heure au chauffeur pour réparer la fuite.

Nettement moins agréable que Luang Prabang, nous décidons de ne pas nous attarder à Vientiane. Cela fait six jours déjà que nous sommes au Laos, nous voulons monter au nord du pays en moto, et nous nous trouvons au beau milieu de la carte!

Le lendemain matin, un scooter 110 cm3 chacun (plus cher mais bien plus confortable qu'une 125 à deux), nous attaquons la route et passons Vang Vieng pour rejoindre la montagne. Limités par le froid et la nuit tombante nous trouvons fort heureusement une station essence pour remplir nos réservoirs et nous orienter vers l'hôtel le plus proche. Nuit froide, chambre quasi-carcérale, un bac d'eau froide par cinq degrés pour prendre une douche le tout dans un village d'ouvriers, on s'était quand même habitués à mieux! Bref, nous roulons pendant deux jours et demi en traversant quelques villages sympas pour nous retrouver dans la province de Phongsali (la plus au nord).

C'est donc ici que s'offre à nous le véritable Laos, sortis du classique tracé reliant Luang Prabang au Cambodge, nous découvrons des villages authentiques, fait de maisons en bois et bambous, les bouteilles de bières font parfois office de fondations, les femmes, hommes et enfants travaillent dans les champs.

Vêtus traditionnellement, nous les observons remonter d'énormes quantités de bois ou de plantes, entreposés dans un panier d'osier à même le dos, la sangle enlaçant leur front. Même les jeunes de 5 ans participent à la tache. D'autres sont assis sur le bord de la route et construisent des paniers, ou tout autre objet susceptible d'être vendu.

La route est un vrai calvaire, et nous pouvons même nous vanter d'avoir roulé sur la lune: bien plus de cratères que de plat! Une roue crevée pour Boris, réparée dans un petit village pour la modique somme de 2,5 euros. Nous traversons un plus grand village, où nous décidons de faire un halte.

A peine descendus des scooters, nous sommes invités par les anciens du village un peu plus haut. Il sont tous assis sous une sorte de hutte, et nous les rejoignons. Ils nous offrent le fameux lao-lao, alcool de riz aussi appelé Whisky thaî en Thaïlande, vin blanc en chine (Nico peut témoigner), de la bière ainsi que quelques coupes faim à grignoter. Même s'il est impoli de refuser, au bout de quelques verres, nous leur faisons comprendre par des gestes que nous sommes en moto et si nous glou glou trop, nous badaboum et ça faire mal. Ils ne le prennent pas du tout mal, et nous invitent à patienter avec eux jusqu'au repas de midi.

Tout le village semble célébrer quelque chose, malheureusement nous ne savons toujours pas quoi. Personne ne parle anglais, et fort heureusement nous avons acheté un traducteur anglais-laos (un livre, pas un monsieur), qui nous fut bien utile. Les hommes préparent le repas, et Boris se dit qu'ils devaient manquer un peu de viande dans leur recette lorsqu'un des hommes a attrapé un poulet qui gambadait tranquillement par là pour l'égorger et le rajouter au menu. Nous mangeons donc avec l'ensemble du village, du riz collant, des tripes, des soupes, des légumes, un bol de sang de poulet bien frais, le tout très bon et très épicé, et reprenons la route. Nos hôtes paraissaient encore plus heureux que nous lorsque nous nous sommes quittés, paradoxe à la hauteur de leur hospitalité.

Pour vous décrire un peu plus le paysage, nous avons croisé, en moyenne dans la journée deux bus, 4 voiture, 76 poules, 24 coqs, 13 vaches, 17 porcs, un serpent et un vendeur de rats de bambous!

Non sans peine, nous arrivons finalement à Boun Tai, trouvons une guest house et commençons la soirée par une sieste. Cette journée tout terrain nous a vraiment épuisé! L'heure du souper arrive et nous nous dirigeons en haut d'une colline où de la musique se fait entendre du bas du village. Il s'agit de l'inauguration du temple de la ville dont la construction vient de s'achever.

« on pourra surement trouver quelque chose à manger »

Et bien non! Pas de repas ce soir, service terminé mais il reste du lao-lao et nous sommes immédiatement conviés à partager quelques verres. Les anciens fument le tabac dans des tubes de bambou (dénomination pour les vieux) aussi appelé Bang (dénomination pour nous, les jeunes...), les plus jeunes boivent jusqu'à plus soif alors que les femmes invitent les hommes à danser sur les rythmes de la musique traditionnelle lao. Nous faisons évidemment valoir nos talents de danseurs lao ce qui ne manque pas d'amuser le village... Minuit, les deux falangs sont fatigués et rentrent à l'hôtel. Mais là, plus de motos! Après quelques longues minutes d'inquiétude, le gérant nous signale qu'il les a entreposées à l'abri des regards indiscrets et nous pouvons nous coucher l'esprit libre.

Le lendemain, après trois petites heures de route à travers des paysages somptueux, nous arrivons enfin à Phongsali. La ville culmine à 1400 mètres d'altitude et n'est desservie que par une seule route goudronnée qui la relie au Yunan, ce qui fait d'elle une ville chinoise dans son ensemble. Ici notre guide franco-laotien n'est presque pas utile, presque tout le monde parle chinois. Nous sommes approximativement quatre touristes à y faire escale et nous nous y sentons bien. Nous y passons deux nuits, nous en profitons pour manger chinois et nous voilà repartis en moto pour rejoindre la Nam Ou (affluent du Mekong), où nous espérons qu'un bateau pourra nous redescendre avec nos bolides pour nous éviter un second calvaire sur cette route peu praticable.

Malheureusement, descendre le fleuve avec des motos est plus qu' hors de prix. Malgré tout, ce village nous semble très convivial, et nous passons la nuit chez l'habitant. C'est donc une énorme journée de moto que nous entamons le lendemain matin, à peu près 7 heures de route, 200 bornes, et nous voilà enfin à Muang Khua. Une guesthouse très sympa, un pont suspendu jonché de trous à emprunter, un copieux repas avec la famille nous accueillant et une douche bien chaude ont suffit à notre bonheur.

Nous atteignons Muang Noi le lendemain. Petit village au bord de la Nam Ou, accessible seulement par bateau, nous avons le plaisir de laisser les motos durant les quelques jours que nous allons passer ici, dans un village plus bas. Ce n'est pas pour autant que le repos nous attend!

Le lendemain matin, nous montons dans une pirogue avec des pêcheurs du village, et remontons le fleuve à la rame, à la recherche de poissons que nous attrapons grâce à d'énormes filets. Le midi, feu de camp pour faire griller les poissons fraîchement sortis de l'eau, et nous les dégustons accompagné de riz collant et d'herbes cueillies par nos pêcheurs un peu plus loin dans la montagne. DE-LI-CIEUX.

S'en suit un jour de marche dans l'arrière pays, visite d'une grotte, d'un autre village à l'écart et un bon repas le soir même pour se dire à bientôt.

Et oui, Nico et Boris se séparent! Mais pourquoi? Nico se sent plus que bien au Laos, et souhaite en découvrir d'avantage. De ce fait, il va rester dans ce pays pendant que Boris va se rendre au Vietnam, et nous nous retrouverons dans 3 semaines quelque part au sud du Laos! Ce qui fait pour vous deux fois plus de lecture, mais ça, on ose espérer que ca ne peut que vous ravir...

 

Commentaires

 Audrey
C'est passionnant !
J'adore.
J'ose même pas imaginer ce que ça doit être pour vous.
Profitez-en bien !
Des bisous mon Boris !
 Dominique
Comme Claude ! la lecture de votre périple est toujours aussi agréable ! encore bravo pour la plume...on a un peu l'impression d'y être....bonne route, pour Nico au Laos, pour Boris au Vietnam...et vous nous tenez au jus !
 Claude
Bravo les jeunes. Toujours aussi interessant de vous lire. Continuez à prendre soin de vous et d'en profiter.
 Jeff
Salut les boys, vos billets sont exceptionnels vous avez un réel talent, il faudra penser a en faire un livre en rentrant, je vous donnerais un coup de main coté technique ;)

Bonne route à tous les deux et OUI deux fois plus de lecture tiptop de mon coté

Jeff



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